Le coup de semonce de google

Lorsque Matt Cuts a annoncé sur son blog que le site bmw.de avait été mis en liste noire, et la raison de cette décision, la nouvelle a fait le tour des blogs spécialisés. Elle a également été reprise par des sites généralistes comme zdnet pour ne citer que cet exemple, ce qui lui a donné un rententissement au delà du cercle fermé des référenceurs.

Suite à cette affaire, tout le monde s'est accordé pour dire que les pages satellites sont une technique en fin de vie et dangereuse de surcroit, alors que c'était la norme jusqu'ici !

Comment en est-on arrivé là ?

En fait, le problème est simple : une grande partie des sites qui sont créés actuellement ne sont pas conçus en tenant compte du référencement. Beaucoup présentent des freins important à l'indexation de leurs pages ou à la bonne prise en compte des contenus.

Olivier Andrieu décortique le mode de fonctionnement qui prédomine : les web agencies créent des sites et les agences de référencement interviennent après coup, sans pouvoir modifier les pages du site original et en ayant peu de poids sur les choix techniques ou de design. Une fois le site en place, la création de pages satellites est la solution la plus pratique (et souvent la seule) pour le faire apparaître dans les résultats de recherche.

La situation actuelle

Aujourd'hui, certains des sites qui ont mis ce type de solution en place se retrouvent mis en liste noire (sans que cela fasse autant de bruit que bmw.de) et retirent leurs pages satellites en catastrophe. Certains le font sans attendre d'être pénalisés. Ceci dit, une fois ces fameuses pages retirées, ils n'ont plus guère de chance d'apparaître dans les résultats de recherche. Les plus durement touchés sont ceux qui étaient le moins adaptés aux exigences des moteurs de recherche.

Toutefois, nombre de sites n'ont pas encore été pénalisés et ont encore leurs pages en ligne. Ce n'est peut être qu'une question de temps. Certaines "optimisations" sont détectables facilement et Google incite à la délation par le biais de la page spamreport. Matt Cuts demande même aux annonceurs de dénoncer leur SEO lors des demandes de réindexation.

Les conséquences à long terme pour les acteurs du référencement

Les agences de référencement vont avoir des difficultés à vendre la création de pages satellites, activité très rentable quand elle est automatisée et qui permet de proposer des prestation d'entrée de gamme accessibles à tous les budgets.
Elles vont devoir s'orienter vers le conseil en création/modification de site, ce qui supposera pour certaines une remise en cause profonde de leurs méthodes de travail.
Les "petites mains" du référencement, qui réalisent la prestation au sein des agences vont devoir elles aussi effectuer une mutation, passer de référenceur 1.0 à 2.0, avoir des compétences nettement plus pointues que celles que nécessite la création à la chaîne de pages sat. Leur travail sera bien plus intéressant, varié et impliquant.
Les web agencies vont devoir intégrer le référencement à la conception des sites, soit en faisant appel à des compétences internes, soit en travaillant de concert avec une agence de référencement. Le rachat de WebFormance par Business Interactif en octobre 2005 a probablement été fait dans cette optique.

Au final, s'il devient plus facile de convaincre les clients de la nécessité d'un référencement "intelligent" et de leur fournir des prestations de meilleure qualité, le coup de semonce de Google aura certainement joué un rôle positif. On peut juste se demander pourquoi cela à pris autant de temps !