Premiers signes

La première alerte est venue de Matt Cuts qui indiquait comment dénoncer les sites vendeurs de liens dans les spam reports dès le mois d'avril 2007. Son article est détaillé et donne des exemples édifiants. Il comporte des précisions intéressantes :
  • Les dénonciations servent à affiner l'algorithme de détection des liens vendus : the reports help build datasets for future algorithms
  • L'intervention manuelle est aussi une option : Finally, we can investigate and take direct action on many reports that we receive
  • Google a reçu un nombre "satisfaisant" de dénonciations suite à cette demande : We’re getting a nice quantity of reports — I believe that we’ve gotten more paid link reports than there are comments on this thread.
Il était clair à partir de là que Google allait agir de façon significative et automatisée contre les sites vendant des liens, cette pratique faussant ses critères de positionnement. Les méthodes d'actions sont décrites dans le post de Matt : link sellers can lose trust, such as their ability to flow PageRank/anchortext. Also, we’re open to semi-automatic approaches to ignore paid links, which could include the best of algorithmic and manual approaches. Plus que le PR, ce sont les textes des liens qui doivent gêner Google. Ce critère à en effet un poids important dans le positionnement dans Google. Il est difficile d'obtenir les textes exacts que l'on souhaite, hormis sur les annuaires (dont les liens sortants ont probablement moins de poids) ou en les achetant.

Coup de semonce

Même si Google avait déjà appliqué les pénalités sur le transfert de PR et l'effet des liens achetés, cela n'a ralenti en rien le business des ventes de liens. Il fallait probablement marquer le coup de façon un peu plus notable, ce qui a été le cas avec la baisse du PageRank observée sur des centaines de sites au niveau mondial. Les deux (autres) Olivier du référencement : Olivier Duffez et Olivier Andrieu en parlent en détails sur leurs blogs.

Le PageRank affiché sur la toolbar a donc changé pour de nombreux sites dans le monde, mais il semble que ce soit la seule chose qui change. Le trafic en provenance de Google n'a pas baissé sur les sites pénalisés, comme le note Olivier Duffez. Je l'ai également constaté sur un de mes sites sur lequel je vendais des liens et qui a perdu deux points de PR. Aaron Wall de Seobook va plus loin et dit que les changements ne sont que cosmétiques. Au passage, c'est donc officiel : le PageRank affiché sur la toolbar n'a pas grand chose à voir avec l'indicateur utilisé par Google.

Les raisons de la colère

Mais quel est l'intérêt de Google à baisser le toolbar PageRank (TBPR) pour ces sites si cela ne change rien d'autre ? En fait, cela change un élément fondamental pour les vendeurs de liens : le prix auquel ils vont pouvoir le vendre. En baissant le TBPR, Google fait diminuer les revenus de ces sites et l'intérêt de ce business ! Si j'avais mauvais esprit, je dirais que c'est également une manoeuvre de Google pour protéger son propre business : le programme Adsense. Pour des sites à faible trafic, la vente de liens est en effet bien plus rentable et bien moins intrusive que les encarts Adsense et peut être utilisée en même temps.

L'avenir

Mais cela suffira t'il à mettre fin au business de Text Link Ads, Text Link Brokers et consorts ? Rien n'est moins sur. Google n'a pas eu beaucoup de mal a repérer les liens générés par Text Link Ads car leur code est assez particulier. Un exemple ?
<li style="margin: 0pt; padding: 0pt; clear: none; width: 100%; float: left; display: inline;"><span style="margin: 0pt; padding: 3px; display: block; width: 100%; font-size: 10px; color: rgb(0, 0, 0);"> <a style="font-size: 10px; color: rgb(255, 120, 0);" href="URL">Lien</a> </span></li>
Trop facile à repérer !
Mais on peut le modifier assez facilement pour rendre les liens anodins et difficilement détectables automatiquement. De la même façon, on peut éviter une dénonciation en intégrant les liens au mieux dans le site, ce qui les rends difficiles à repérer, pour un humain cette fois.
Par ailleurs, on peut noter que certains sites à fort PR qui vendent des liens hors de ces programmes n'ont nullement été inquiétés. Ils n'utilisent pas une syntaxe identique et facilement repérable (encore que dans certains cas, il s'agit de blocs de liens assez typiques).
Google a aussi pu lister les sites qui vendent des liens à partir des sites des brokers. A charge de ces derniers de rendre leurs listes incrawlables (si elles ne le sont pas déjà) s'ils veulent que leur business puisse perdurer... jusqu'au prochain coup de semonce !