Crise du monde de la photo : le point de vue du référenceur
Par Kilroy, mercredi 3 décembre 2008 à 09:28 :: Cas particuliers :: #79 :: rss
Le passage au numérique et la diffusion par Internet ont causé de profondes mutation dans le monde de la photo. La présence de millions d'images sur les sites de microstock et de photos en libre de droits, les sites de photos gratuites et les sites communautaires ont donné aux acheteurs éventuels la très mauvaise habitude de ne plus payer (ou des sommes dérisoires) pour les clichés dont ils ont besoin. Cette situation cause de grandes difficultés aux photographes et aux agences traditionnels. A 1 dollar la photo, il est impossible de vivre de ce métier !
Le référencement à joué un rôle non négligeable dans cette situation... et pourra éventuellement contribuer à la résoudre !L'appel de l'agence BIOS
L'agence BIOS Photo et sa dirigeante Catherine Deulofeu ont récemment lancé un appel pour la photo équitable. Relayé sur des blogs et forums de photographes, cet appel a peu de chances d'être entendu par les principaux intéressés : les acheteurs. Ces derniers ont pris l'habitude de "se servir", trouvant sur Internet des millions de photos gratuites ou presque. Il n'ont aucun intérêt à changer leurs habitudes et se soucient à mon avis comme d'une guigne de la disparition des photographes professionnels.La recherche de photos actuellement
Comment fonctionnent ces "acheteurs" ? Mettez vous un instant dans la peau d'un graphiste qui recherche un visuel pour un site web ou une campagne de pub. Il doit trouver une image répondant à ses besoins :- Il doit trouver rapidement, via une recherche par mots clefs
- Les droits et possibilités d'utilisation de la photo doivent être clairement énoncés
- La photo doit être à un prix raisonnable pour ne pas faire hurler ses clients devant des frais d'achat d'art
- Il doit pouvoir récupérer une version basse def (éventuellement avec un watermark) pour l'insérer dans sa maquette et la soumettre à son client.
- Sur un moteur de recherche d'images (Google images)
OU - Sur un moteur de recherche classique
OU - Sur un site sur lequel il sait qu'il y a un stock important de photos, qu'il aura trouvé via une recherche sur des termes génériques, des social bookmarks, etc.
Les faiblesses des sites de photographes et d'agences
Piqûre de rappel : il y a trois éléments indispensables pour le référencement efficace d'un site :- Technique : le site doit être indexable par les moteurs, ses documents doivent être optimisés
- Contenus : le site doit avoir des contenus textes (les moteurs ne lisent pas les images)
- Linking : le site doit avoir un nombre correct de liens entrants
- Les sites d'agences sont souvent basés sur un moteur de recherche interne. Résultat : ils ne donnent accès qu'à une petite partie des photos qu'ils renferment. Fotolia (un microstock) à 3 millions de pages dans Google, des agences comme BIOS ou Naturimages en ont quelques centaines !
- Les pages sont souvent peu optimisées et les pages intermédiaires (les plus importantes) ne le sont pas du tout
- Pour les sites de photographes, c'est généralement bien pire : interfaces esthétiques et mystérieuses, sites en frames, en Flash, absence totale de contenus, photos non nommées. Ils n'ont aucune chance de se positionner.
- Côté linking, même motif, même punition : quelques centaines ou milliers de liens pour des agences ou des sites de photographes, des centaines de milliers pour Fotolia et consorts
Quelles solutions ?
A lire ce qui précède, on peut se dire que le combat est perdu d'avance pour la photo traditionnelle. La seule solution pour les agences et les photographes traditionnels serait d'utiliser pleinement Internet et d'occupper le terrain des moteurs aux dépends des sites de microstock sur lesquels ils ont quand même des avantages.- Utiliser pleinement les métadonnées (champs IPTC) dont ils disposent sur toutes leurs photos pour créer des sites indexables, optimisés avec des contenus destinés aux moteurs
- Favoriser au maximum l'accès par les moteurs de recherche d'images, en utilisant des photos watermarquées pour limiter le vol. Les microstocks ne le font pas systématiquement. Fotolia n'a pas d'images dans Google images à cause de sa plate forme technique.
- Pour les photographes : utiliser les sites communautaires (FlickR, Trekearth and co) comme levier pour acquérir du trafic et de la notoriété.
- Utiliser les capacités naturelles au link bait
- S'organiser en réseau en utilisant les affinités entre sites, les forums existants, etc... Le but est de créer des liens solides entre sites... au mieux avec des objectifs de positionnement
La tâche est immense tant les différences de performances sont grandes entre les "nouveaux" et les "traditionnels". Une chose est claire : ces derniers ont tout intérêt à se réveiller... et vite.
Commentaires
1. Le jeudi 4 décembre 2008 à 21:05, par Renaud
2. Le vendredi 5 décembre 2008 à 14:36, par Cédric Girard
3. Le vendredi 5 décembre 2008 à 14:45, par Kilroy
4. Le mercredi 21 janvier 2009 à 15:20, par Ju / Photojournalisme.fr
5. Le mercredi 21 janvier 2009 à 15:40, par Kilroy
6. Le jeudi 22 janvier 2009 à 08:22, par Manu
7. Le jeudi 22 janvier 2009 à 08:24, par Kilroy
8. Le jeudi 22 janvier 2009 à 09:52, par Laurent
9. Le jeudi 22 janvier 2009 à 10:48, par Cédric Girard
10. Le jeudi 22 janvier 2009 à 12:52, par Ju / Photojournalisme.fr
11. Le jeudi 22 janvier 2009 à 12:53, par Ju / Photojournalisme.fr
12. Le jeudi 22 janvier 2009 à 14:38, par Kilroy
13. Le jeudi 22 janvier 2009 à 22:40, par Cédric Girard
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